Voilà qui est fâcheux. Pour ne pas dire fasciste. Entre la grosse tartine de merde et la soupe au vomi avec un peu de grenadine, il faudrait donc choisir. Autant vous dire que mon coeur pencherait volontiers pour la grève de la faim...
Mais vu la configuration des choses, et si d'ici là un crétin de sosse ne vient pas me dégoûter en pensant me convaincre, j'irai tout de même choisir Hollande. Avec un raisonnement plutôt lapidaire : contre Hollande, il faudra se battre, contre Sarkozy, il faudra se battre, les pieds coulés dans le béton. Ou dit autrement : il faut abattre les ennemis en commençant par les plus virulents, et procéder par suite.
18% de FN, par exemple, c'est très moche, mais finalement, vu l'ambiance de ces dernières années, c'est déjà bien qu'ils soient pas à 25. En ça, le Front de gauche ne s'est pas trompé, même si les espoirs de coude-à-coude de ces dernières semaines ont été déçus. Le verrou est bien installé, la situation européenne lui est clairement favorable, tout comme les partis et médias qui ne prennent même plus le temps les combattre, quand ils ne les aident pas carrément.
Autant dire que ça pourrait être mille fois pire.
Donc, si c'est possible de virer le libéral-fascisme, j'en serai. Avec la certitude que combattre le PS au pouvoir ne sera pas de la tarte. Notamment parce qu'il tenteront des chantages à base d'il-ne-faut-pas-manifester-trop-fort-pour-ne-pas-diviser-la-gauche-et-faire-le-jeu-de-la-droite, et toute cette sorte de dégueulis d'outre-tombe. Manifester utile, en somme.
Si vous pensez que ça a le moindre sens, soyez gentils, ne me parlez plus jamais. J'insiste : jamais.
Ensuite, restons tout de même assez lucides pour ne pas se rassurer trop vite sur l'avenir *électoral* de ce pays : les législatives vont forcément être très saignantes étant donnée la quantité de triangulaires qui s'annonce (ou de carrégulaires ? Voire de pentagulaires, allez savoir...).
Rien n'est joué, ça sera brutal, et tout ça viendra bien assez vite...
Sans oublier que Sarkozy n'est pas encore à la porte, hein.
Alors oubliez 2017 et les calculs à la con, on va s'en manger des belles d'ici là.
De l'autre côté, ce qui est certain, c'est que le vent ne va pas retomber comme ça. Un tas de gens a soif d'un monde de gauche, et savent que celui-ci va leur tomber sur le coin de la gueule assez vite. Et désormais, ils savent également qu'ils ne sont plus condamnés à rester des minorités sectaires (ou des sectes minoritaires, comme vous le sentez). Ce qui signifie qu'il faut balayer cet état d'esprit qui traînait avec cette période révolue : la forteresse assiégée des derniers combattants de Gauche Vraie, qui se tient chaud en se parlant à elle-même, en attendant l'Immaculée Révolution. Faut arrêter.
Et les quelques babioles qui vont avec : paranoïas, excommunications, recherche de la pureté, goût de la défaite-martyr, nostagies à la con, et invectives stériles contre les-gens-qui-sont-tous-des-cons. La lutte des classes est une guerre, alors on relève la tête et on se demande comment briser les reins des connards d'en face. Merci.
Et pendant que j'y pense, il faut arrêter avec les slogans creux genre « on lâche rien ». Oui... Bien sûr... Et tu veux convaincre qui, et de quoi, avec ça ? Sans déconner. La Résistance à toutes les sauces, aussi. Et le ton ! Syndical ! Qui coupe tout ! N'importeuh ! Comment ! À poil les gris-gris stupides et les habitudes poussiéreuses : il faut du neuf, de l'expérimental, de l'audacieux, de l'efficace, de l'intelligence. Surtout pas du réflexe.
Voilà de quoi les prochaines doivent être faites.
D'ailleurs, à ce titre, je vais (re)mettre un pierre sur un terrain qui est presque toujours négligé par la gauche, alors que les anars ne pensent qu'à ça : il faut transformer la vie réelle. Faire de la propagande pour prendre positions au sein de l'État et appliquer une politique, c'est fort bien, mais très largement insuffisant. Les révolutions ne viennent pas d'en-haut, pour ainsi dire, même poussés par des soutiens idéologiques.
Il s'agit de transformer la vie réelle, évidemment sur le front permanent syndicats/patrons, mais surtout là où la guerre ne fait pas rage. Construire dès maintenant, par 'le bas', les "services publics" dont nous voulons. La constitution des bases arrières de tous les affrontements à venir pour ainsi dire.
Ça vous botte ?