ATTENTION

Suite à une invasion massive de robot-spam, qui m'empêche même de trier, les commentaires ne sont désormais ouverts qu'aux inscrits.

Et j'ai supprimé des commentaires valides par accident -_-. Désolé.

Et je fais pas assez souvent mes back-up de sécurité, c'est mal, c'est mâââl

J'ai rien dit en fait, tout va bien... (à part les spams)

Et maintenant ?

 Voilà qui est fâcheux. Pour ne pas dire fasciste. Entre la grosse tartine de merde et la soupe au vomi avec un peu de grenadine, il faudrait donc choisir. Autant vous dire que mon coeur pencherait volontiers pour la grève de la faim...

 Mais vu la configuration des choses, et si d'ici là un crétin de sosse ne vient pas me dégoûter en pensant me convaincre, j'irai tout de même choisir Hollande. Avec un raisonnement plutôt lapidaire : contre Hollande, il faudra se battre, contre Sarkozy, il faudra se battre, les pieds coulés dans le béton. Ou dit autrement : il faut abattre les ennemis en commençant par les plus virulents, et procéder par suite.

 18% de FN, par exemple, c'est très moche, mais finalement, vu l'ambiance de ces dernières années, c'est déjà bien qu'ils soient pas à 25. En ça, le Front de gauche ne s'est pas trompé, même si les espoirs de coude-à-coude de ces dernières semaines ont été déçus. Le verrou est bien installé, la situation européenne lui est clairement favorable, tout comme les partis et médias qui ne prennent même plus le temps les combattre, quand ils ne les aident pas carrément.

 Autant dire que ça pourrait être mille fois pire.

 Donc, si c'est possible de virer le libéral-fascisme, j'en serai. Avec la certitude que combattre le PS au pouvoir ne sera pas de la tarte. Notamment parce qu'il tenteront des chantages à base d'il-ne-faut-pas-manifester-trop-fort-pour-ne-pas-diviser-la-gauche-et-faire-le-jeu-de-la-droite, et toute cette sorte de dégueulis d'outre-tombe. Manifester utile, en somme.

 Si vous pensez que ça a le moindre sens, soyez gentils, ne me parlez plus jamais. J'insiste : jamais.

 

 Ensuite, restons tout de même assez lucides pour ne pas se rassurer trop vite sur l'avenir *électoral* de ce pays : les législatives vont forcément être très saignantes étant donnée la quantité de triangulaires qui s'annonce (ou de carrégulaires ? Voire de pentagulaires, allez savoir...).

 Rien n'est joué, ça sera brutal, et tout ça viendra bien assez vite...

 Sans oublier que Sarkozy n'est pas encore à la porte, hein.

 Alors oubliez 2017 et les calculs à la con, on va s'en manger des belles d'ici là.

 

 De l'autre côté, ce qui est certain, c'est que le vent ne va pas retomber comme ça. Un tas de gens a soif d'un monde de gauche, et savent que celui-ci va leur tomber sur le coin de la gueule assez vite. Et désormais, ils savent également qu'ils ne sont plus condamnés à rester des minorités sectaires (ou des sectes minoritaires, comme vous le sentez). Ce qui signifie qu'il faut balayer cet état d'esprit qui traînait avec cette période révolue : la forteresse assiégée des derniers combattants de Gauche Vraie, qui se tient chaud en se parlant à elle-même, en attendant l'Immaculée Révolution. Faut arrêter.

 Et les quelques babioles qui vont avec : paranoïas, excommunications, recherche de la pureté, goût de la défaite-martyr, nostagies à la con, et invectives stériles contre les-gens-qui-sont-tous-des-cons. La lutte des classes est une guerre, alors on relève la tête et on se demande comment briser les reins des connards d'en face. Merci.

 Et pendant que j'y pense, il faut arrêter avec les slogans creux genre « on lâche rien ». Oui... Bien sûr... Et tu veux convaincre qui, et de quoi, avec ça ? Sans déconner. La Résistance à toutes les sauces, aussi. Et le ton ! Syndical ! Qui coupe tout ! N'importeuh ! Comment ! À poil les gris-gris stupides et les habitudes poussiéreuses : il faut du neuf, de l'expérimental, de l'audacieux, de l'efficace, de l'intelligence. Surtout pas du réflexe.

 Voilà de quoi les prochaines doivent être faites.

 

 D'ailleurs, à ce titre, je vais (re)mettre un pierre sur un terrain qui est presque toujours négligé par la gauche, alors que les anars ne pensent qu'à ça : il faut transformer la vie réelle. Faire de la propagande pour prendre positions au sein de l'État et appliquer une politique, c'est fort bien, mais très largement insuffisant. Les révolutions ne viennent pas d'en-haut, pour ainsi dire, même poussés par des soutiens idéologiques.

 Il s'agit de transformer la vie réelle, évidemment sur le front permanent syndicats/patrons, mais surtout là où la guerre ne fait pas rage. Construire dès maintenant, par 'le bas', les "services publics" dont nous voulons. La constitution des bases arrières de tous les affrontements à venir pour ainsi dire.

 Ça vous botte ?

 

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Exorcisme

 Face la recrudescence des cas de possessions par le démon du vote utile et considérant le manque cruel d'effectifs pour y parer, l'institut de démonologie comparée publie aujourd'hui une méthode d'exorcisme, utilisable sans formation préalable :

 

 Pour commencer, sortez votre possédé de l'étouffante ambiance des semaines électorales pour le placer dans une pièce bien aérée. Tracez immédiatement un cercle assez large autour de lui pour circonscrire l'esprit au champ des stratégies politiques. Allumez quelques bougies parfumées à la lutte des classe, ou tout autre encens pouvant dégager une forte odeur d'inégalités sociales.

 Ainsi baigné dans l'idée d'une stratégie de gauche, le vote utile devrait rester somnolent. Si votre patient proteste, il est de droite. Cessez immédiatement le désenvoûtement, le mal est trop profond.

 

 Ces préparatifs effectués, commencez les provocations d'usage en agitant la clochette du vote par conviction, qui le mettra suffisament mal à l'aise pour qu'il entonne son premier chant d'outre-tombe : toutsaufsarko.

 C'est un chant dangereux, parfois mortel pour l'exorciste, aussi prenez-y bien garde.

 Il pensera tirer avantage de votre cercle de stratégie politique pour vous arracher soumission mais si votre pièce est historiquement bien aérée, il devra tenir compte du bilan à venir de son vote utile, qui ne sera guère brillant dans l'ambiance de lutte de classe que vos encens rappellent en permanence.

 Il entamera son deuxième couplet - maisçaseramoinspire - dès que vous tenterez d'attaquer directement le parti socialiste qui le commande. Allez-y franchement sur la saignée : atlantisme, soumission à la dette et à la finance, trahison des peuples d'Europe, Dsk, le Carlton de Lille... Entre la peste et le choléra, le choix doit être cornélien. Puis posez sur la blessure un cataplasme bien chaud, à base de souveraineté populaire et de justice sociale.

 Éloignez-vous du possédé, qui doit lutter seul contre le démon. Gardez-vous d'intervenir avant maturité du processus de séparation, cela vous obligerait à recommencer tout l'exorcisme. Si cela s'avérait être long, donnez-lui régulièrement un bol de bouillon syndical pour empêcher les fièvres et les délires lyriques de prendre le dessus. Du concret au ventre, son oeil critique s'affinera suffisament pour chasser le démon afin d'en rejuger la pertinence.

 Saisissez l'opportunité de sortir votre malade du cercle. Il sera vraisemblablement épuisé, surtout si la possession a duré longtemps, mais il devra absolument être témoin de la destruction de l'esprit qui l'a hanté, sans quoi il sera vulnérable à un réenvoûtement ultérieur.

 

 Pour ce faire, et à l'aide d'un quelconque ventilateur médiatique, assommez-le de la montée du Front de Gauche. Faites ensuite miroiter la possibilité non-négligeable que ce parti soit déjà en troisième position, et que donc le risque du front national ne tient pas debout. Le vote utile suivant le vent dominant poussez-le dans cette direction et, grâce au miroir et un dictionnaire d'homonymie, faites-le réfléchir comme suit :

 Tout vote utile reporté sur Mélenchon ne met pas en danger la gauche, et ce d'autant plus que cette montée supplémentaire lui assure de passer largement au-dessus du Front National ou du Modem. Ce qui, au pire, renforce la pression à gauche sur le parti socialiste au second tour - ce qui est déjà bien - et au mieux, met carrément le Front de Gauche en tête de la gauche.

 Si vos bougies n'ont pas fini d'embaumer, cette idée suffira à le dissiper pour de bon. Sinon, il tentera de retourner le calcul électoraliste que vous venez de tenir en soutenant que le Front de gauche risque de perdre au second tour, et qu'il vaut donc mieux voter Hollande qui est donné gagnant. Débranchez immédiattement le ventilo : les vapeurs de sondages sont toxiques si vous deviez les respirer au lieu de vous contenter d'en canaliser les effets.

 Ensuite, votre aération historique sera vitale : L'empoisonnement hégémonique par le social-libéralisme doit apparaître pour la saloperie vicieuse et mortelle qu'il est, et dont il est essentiel de se débarrasser au plus vite, sans quoi la gauche n'a pas d'avenir. Sortez le lance-flamme : Au second tour, une victoire du parti socialiste sans contre-poids massif à sa gauche serait bien plus dévastatrice pour nous que l'éventuelle défaite d'un bloc de gauche radical.

 

 Bravo ! Le vote utile n'a plus lieu d'être !

 Vous n'avez plus qu'à nettoyer le bordel que vous venez de mettre. Bon courage !

 

Notes :

- L'auto-exorcisme est un exercice dangereux, réalisé par des professionels. Ne tentez pas de le reproduire chez vous. En cas de possession, faites-vous assister d'une personne de confiance.

- En cas de doute ou de problème inattendu, contactez nos experts par le formulaire de commentaire au bas de la page.

 

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Raconte-moi... Le Capital (I,8&9)

« Hé ! Hé ! Grand-papa Ours ! Réveille-toi ! Finie la sieste ! T'avais dit que tu parlerais du four des fouines !

- Mgnrf. C'est vrai. Mais laisse-moi, je digère les grillades ! *bâille*

- Hé ! Hé ! Grand-papa Ours ! Nous aussi on veut savoir pour le four ! On a fait les grillades ! On veut savoir ! Oui oui oui !

- Rmgrmpf. Bon. *s'étire* Pour faire des grillades, il faut pêcher du poisson, du bois, et un four.

- Et le travail des fouines !

- C'est ça. Mais le poisson, le bois et le four sont aussi issus d'un travail. Ils ont donc une valeur sur le marché, qu'ils soient ensuite transformés en grillades ou non. Un capitaliste qui vendrait des grillades aurait donc besoin de les acheter. Mais il faut bien voir que lorsque les fouines les font cuire, elles conservent cette valeur, cette somme de travail, en plus d'ajouter la leur. Le bois et le poisson sont intégralement utilisés, mais pas le four. Alors comment se répartit cette valeur ?

- Entre chaque grillade ?

- Exactement. Tu vois, tu aurais pu me laisser digérer, tu comprends tout tout seul... Mais passons : un four va permettre de cuire, par exemple, mille poissons. En moyenne, évidemment. Donc la valeur d'un four se répartira entre ces milles poissons, c'est-à-dire que dans une grillade, il y aura un millième du travail nécessaire à la fabrication d'un four. Le four est donc une matière première comme une autre, un produit dont la valeur est incorporée dans la grillade au même titre que le poisson cru et le bois de chauffe. C'est ce qu'on appelle les moyens de productions. Et pour un capitaliste, c'est aussi la part de capital qui est fixe. Il faudra toujours l'investir pour produire les grillades, et sa valeur reste constante pendant la cuisson.

- Alors ça fait pas de plus-value ?

- He non, il n'y a pas de salariat ici. Simplement une transformation de la valeur. L'argent se transforme en moyens de productions, qui s'ajouteront à la valeur du travail des cuisiniers-

- C'est nous ! C'est nous ! Fouiiines !

- Grmf. Oui, c'est vous. Et c'est votre travail qui ajoute de la valeur aux grillades.

- Mais le capitaliste les paye moins que ce qu'ils produisent !

- Tu as bonne mémoire, petit-ours. He oui, c'est bien là que le capitaliste fait sa plus-value. Sur le capital variable. Variable, parce qu'en plus de se reproduire par le travail nécessaire pour produire la valeur des salaires, le travail produit un excédent de valeur, par le surtravail. C'est du temps de travail que le salarié donne à son employeur, sans contrepartie. Le capital fixe garde donc la même valeur durant le processus de production, tandis que le capital variable augmente sa propre valeur par le surtravail.

 Si par exemple, les fouines produisent vingts grillades dans la journée. Il aurait d'abord fallu payer le poisson et le bois pour une valeur de, mettons, huit grillades. Il aurait aussi utilisé une partie de la valeur de son four, qui s'use, pour une valeur de deux grillades sur le total de sa valeur. Le capital fixe pour vingt grillades est donc de dix grillades. Il reste donc un produit net de dix grillades à partager entre les fouines et notre capitaliste. Mettons cinq et cinq. Il obtient donc une plus-value de 100 % : pour cinq grillades de salaire, il en obtient cinq pour lui-même.

- Et le capital fixe ? Ça devrait être 33%, cinq de profit pour quinze d'investissement, non ?

- C'est ce qu'il prétend. Pourtant, si l'on retire un quart du temps de travail des fouines, d'après les calculs du capitaliste, les fouines ne devraient plus produire que quinze grillades au lieu de vingt, et la totalité profit de disparaître, n'est-ce pas ?

- C'est vrai.

- Eh non ! En trois-quart du temps, les fouines produiront les trois-quarts de la valeur qu'elles produisaient, soit sept grillades et demie. Si l'on admet que le four s'use moins et que moins de bois et de poisson ont été utilisés, cela revient à dire que le capital fixe est proportionellement passé à 7 grillades et demie. Si le salaire des fouines est toujours de cinq grillades, il reste toujours deux grillades et demie de plus-value, soit 50%, tout de même !

- Ouaaah ! C'est des malins les capitalistes !

- Eh oui, il vaut mieux faire attention à leurs fables. Alors rappelle-toi bien : le taux de plus-value se mesure après avoir retiré la valeur du capital fixe. Parce que ce taux de plus-value correspond uniquement au rapport entre le temps de travail nécessaire (à la production du salaire) et le temps de surtravail. C'est pour cette raison que la durée de la journée de travail est si importante. Mais viens, j'ai envie de miel, je t'expliquerai en route. »

 

Un pays de cons

 Y'a des matins comme ça, je sais plus quoi penser : Les Suisses, par 66,5%, viennent de refuser par referendum deux semaines de congés payés supplémentaires (passant ainsi de quatre à six).

 Je traduis, parce que ça a de quoi laisser perplexe : On demande par voie officielle, avec application législative en cas d'approbation si, par hasard, bosser moins pour gagner autant, ça serait pas une mauvaise idée. Bon. C'est déjà surprenant vu de chez nous où on nous demande pas tellement notre avis dans ce genre de cas, surtout à la demande de syndicats. Mais mettons.

 Ils refusent. Et par un très large majorité. Même le Jura Suisse, le canton le plus favorable à cette mesure, a refusé à 50% et des poussières décimales.

 

 Je laisse un petit temps pour décanter.

 

 Parce que là, comme ça, ça donne envie de dire que la Suisse est un pays de blaireaux de classe mondiale. Sans autre forme de procès. Ce que, par ailleurs, tout jurassien (français) jure avoir toujours su.

 

 Donc, après un peu de recul, je me pose des questions. Qu'est-ce qu'ils ont dans le crâne, ces Suisses ? Même en admettant une bonne quantité de patrons et affiliés, d'indépendants, et même en supposant importante la fraction des salariés qui épousent inconditionnellement le parti du patron, ce bienfaiteur... 66%... C'est impossible. Autour de 50, c'est déjà à pleurer. Mais là, non. Impossible.

 Je vérifie donc sur le site des statistiques suisses. On compte une proportion supérieure de salariés en Suisse que dans la plupart des pays européens. Avec la recette allemande de la baisse du chômage officiel par la multiplication des temps partiels, mais quand même. Un taux de syndicalisation moyen, mais plus du double de celui de la France... Qu'est-ce qui cloche chez eux ? Est-ce que la terreur par la compétitivité leur a ravagé le sens de leurs intérêts les plus évidents ? Alors qu'il n'y aucun combat à mener, pas de grèves, rien, juste un petit bulletin à mettre dans une urne, pour dire oui, je veux des vacances, pour le même prix, merci bien, salut.

 Ils peuvent pas être con à ce point-là...

 Donc je farfouille encore, et je tombe sur les statistiques des travailleurs immigrés : plus d'un million et demi de résidents étrangers (essentiellement européens et frontaliers), qui composent à peine moins du quart de la population active suisse (En France : 5,7%).

 Ben tiens.

 Un quart des premiers concernés par le referendum qui n'ont pas voix au chapitre...

 

 Les suisses ont beau été avoir été des gros blaireaux, sans les étrangers, les salariés ne représentent plus que la moitié du pays. Faut pas s'étonner d'avoir un pays de droite avec ça. Entre les patrons/banquiers/petits-patrons-de-PME-tout-gentils-tout-baveux/les-indépendants-liiibres-max et les retraités-après-moi-le-déluge, difficile de se faire entendre...

 Bref, si t'as encore un doute, je te la refait : Les vacances, c'est bon pour les salariés. Le droit des étrangers, c'est bon pour les salariés. La Suisse, c'est un pays de merde.

 

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Bonne fête Lafâme

 Harcelé par des millions de fans en délire, me revoilà, fringuant comme le poney de l'auberge du même nom. À vrai dire ces derniers temps, je réfléchis à deux petits projets qui m'amusent beaucoup, donc je m'y colle un peu avant d'avoir l'impression que c'est du boulot. J'ai aussi écrit quelques trucs, notamment sur la lamination de la Grèce, mais finalement y'avait pas de quoi en faire une tartine, puisque ça se résume comme suit :

 « Je n'insisterai pas assez sur le fait que si vous pensez qu'il y a une once de justice dans ce paquet de dégueulasseries plus infâmes les unes que les autres, bombardé depuis les décomplexés sommets de l'Europe du gros pognon, je vous vomis. Mourez. »

 Ça, c'est fait.

 

 Pour mes bouquins, je suis au point mort pour des raisons propres à chaque truc, mais comme c'est mon problème de poor lonesome écrivain sans son Jolly Jumper, je vais pas vous emmerder avec. Ça reviendra. Sauf petit-ours, qui va revenir au plus vite, sinon, je crains qu'un fan en crise de manque ne se décide à me séquestrer dans sa cave (à vin) pour me faire cracher la suite. Je lui répondrai bien qu'il n'a qu'à lire Le Capital, he banane. Mais il va le prendre mal. Ou plutôt elle, en moyenne.

 Et froisser quelqu'un dans sa propre cave, c'est malvenu.

 

 Donc sous la pression de menaces d'empilement de bouts de bois jusqu'à ce que mort s'ensuive, je cherchais cette semaine, tremblant, de quoi que je pourrais causer. Et là paf, revoilà le grand barnum de la Journéd'lafâme. Jackpot. Je précise qu'en vrai, cette journée est celle des droits DES femmes. Ce qui fait deux différences - de taille - par rapport à sa version... je vais dire publicitaire, pour rester poli.

 Mis à part les habituels fiers bourrins qui trouveront très drôle - voire subversif, ces gens ne doutent de rien - de faire des vannes sexistes ce jour-là - mais j'rigooole, t'as pas d'humour ou quoi ? Et autres immanquables 'peut-on rire de tout' ? Avec la pose de philosophe de comptoir et la grosse tête à claques qui va avec. La bonne réponse est : quand c'est marrant, ouais. Ou alors, coup de genou dans les burnes, balayette et grand coup de latte dans la face, suivi d'un gros foutage de gueule loooooooool trop mdr la tronche qu'il tire. Pourquoi il rigole pas, il a pas d'humour ou quoi ? On peut vraiment plus rire de rien dans ce pays de bien-pensants...

 Bref, à part ces gens-là, disais-je, je vous fiche mon billet qu'on va avoir la grosse artillerie du racisme pas-raciste-parce-que-féministe. Et des tombereaux de haine de se déverser sur la tronche des musulmans/arabes/banlieues/barbares-pas-de-chez-nous, bien à l'abri derrière LaFâme libérée par l'industrie cosmétique qui sublime son Mystère Mystérieux et Éternel.

 Et un petit coup de va-t-en guerre, intérieure et extérieure, cadeau, c'est pour la bonne cause n'est-ce pas.

 

 On va se marrer quoi...

 

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2012

  On peut le dire : il va pleuvoir de la merde cette année. La campagne présidentielle s'annonce bien moisie, entre les nazis liftés et les affameurs au formol, ça risque de voler bien bas. Le plus moisi de cette histoire étant que l'élection paralyse tout ce qui pourrait se passer d'autre, comme si ze grand changement allait se produire sous nos yeux ébahis, par la magie du buletin de vote.
 Sauf que non. Le seul changement auquel on va avoir droit, c'est La Pen au deuxième tour. Sans concurrents sérieux sur le créneau du renouveau fasciste, qui a le vent en poupe dans toute l'Europe, ça devrait pas être trop dur. Et vu comme l'Europe, en plus de puer méchamment de la gueule comme toujours, est au bord de crever, c'est autant de cadeaux sous le sapin de Marine, et de ses équivalents chez nos voisins.
 Et en face on a quoi ? La version Sarkozy. Bon. Je vous fait pas un dessin. Bayrou, l'homme le plus inutile de France, qui tire fierté d'être à mi chemin entre l'UMP et le PS... Faut vraiment être un sacré gros con. Et le PS justement, qui n'a pour seul programme et pour seule rhétorique que le vote utile, l'alternance, le barrage contre la droite, et toute cette sorte de mauvaises blagues d'européistes libéraux et fiers de l'être. Des connards qui pensent très sincèrement que réduire la dette, les déficits et rassurer les marchés est un projet de justice démocratique tourné vers l'avenir et le progrès.
 Autant dire qu'en cas de deuxième tour La Pen - Hollande, j'hésiterai très franchement à faire le déplacement... Et les trous du culs moralistes incapables de penser plus loin qu'un résultat électoral peuvent bien aller se faire foutre. Hollande, c'est la garantie de garder le cap de ces trente dernières années, soit : l'Europe, çay le Bien©/lémarchés, l'amploua et lakroiçansse, voilà la boussole/C'est-ça-ou-la-Corée-du-Nord®.

 Il y a cinq ans, avec un bon vernis culturalo-tolérant, ça pouvait encore faire illusion deux secondes.
 Mais là ? Maintenant ? Sérieusement ?

 Avec l'Europe qui saigne les peuples pour « calmer » les marchés à grand coups de centaines de milliards ? Ce qui réussit l'exploit d'être à la fois la source de souffrances sans nom pour des nations entières, et une rustine négligeable dans la course effrénée de la finance vers le vide. Puis, pour étouffer l'ingrate démocratie qui ose contester, elle passe au chantage pour empêcher un référendum en Grèce, puis nomme quasi-directement le chef de l'État de la huitième économie mondiale - l'Italie, au nom d'une « gouvernance technique ». Et se prépare tranquillement à faire passer toute l'Europe sous la houlette exclusive de ses « spécialistes » « apolitiques », à grand coup de « pédagogie » pour expliquer à quel point ce « remède » est bon pour nous - ou un moindre mal - ou... un mal.
 Oh ça va hein ! De toute façon, on vous demande pas votre avis !

  Bref, tout ça pour dire que j'irai voter Méluche, si je me déplace. Oui, si je me déplace. Épargnez-moi, de grâce, le vomi froid de nos-ancêtres-qui-sont-morts-pour-le-droit-de-vote/Si-tu-votes-pas-tu-fais-le-jeu-du-faaaaâââscisme. Ça ne tient pas debout une seule seconde, et je doute même qu'on puisse appeler ça des arguments. Avec des raisonnements pareils, mieux vaut voter Lepen que s'abstenir... Ça me donne envie de coller des tartes, tiens.
 Et s'il vous plaît aussi, les grandes envolées du vote-blanc-pour-le-principe, taisez-vous. Et allez à la pêche. Ou votez. Ou même votez blanc, si ça vous amuse. Mais tout le monde s'en branle. L'abstention est commentée. Pas le vote blanc. Alors stop. Vous perdez votre temps et vous me bouffez les nerfs. Merci.
 Mais je m'égare. Donc : pourquoi Mélenchon ? D'abord parce qu'Eva Joly, je veux bien la soutenir à un éventuel second tour, allez, soyons fous. Mais faut pas abuser non plus, hein. Et ensuite, parce que la marginalisation de tout le reste de la gauche est tellement avancée que voter pour eux - à une présidentielle - n'a strictement aucun sens sinon celui de se rassurer sur son propre degré de révolutionnaritude.
 Oui, le camarade ne va pas abattre le capitalisme du haut de l'Élysée, mais guess what ? Ce genre de choses - une révolution, pas moins - ne passent pas par les urnes. Jamais. C'est comme ça. Si vous pensez le contraire, vous avez ou trop bu, ou pas assez. Reste que pour avoir le temps de réfléchir et d'agir pour un changement autrement plus fondamental, mieux vaut ne pas être sous le feu roulant des partis de collaboration.

 D'où, voilà.

 Et à moins que d'ici là la désintégration de l'euro parvienne à des stades insoutenables, qu'Israel décide finalement qu'une troisième guerre mondiale est une idée géniale, ou que l'Improbable frappe à la porte (avec un putain de  grand I, du genre Phillipe Poutou est en fait le fils caché de Mickael Jackson...), il n'y aura pas grand-chose de plus à ajouter sur cette présidentielle.
 

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Raconte-moi... Le Capital (I,7)

 « Réveille-toi, grand papa ours ! Réveille-toi !

- Hein ? De quoi ?

- J'ai faim et je m'ennuie. Et je sais pas comment on fait une plus-value.

- Mgnrf. D'accord, on va à la pêche, je t'expliquerai en route. »

 

 « Le capitaliste a donc acheté une force de travail sur le marché. Il faut ensuite y ajouter un moyen de production, une matière première par exemple, ou encore des outils, voire des machines. Mais c'est la nature même du travail qui est ainsi faite, le capitaliste n'y est pour rien..

 Prends cette rivière, par exemple. La pêche à la truite peut se faire comme nous le faisons, pour nous-mêmes, ou sous le fouet d'un esclavagiste, ou encore pour un capitaliste qui serait propriétaire de la rivière et nous paierait pour pêcher du poisson qu'il revendra.

- Les vendre ? Mais pourquoi il les mange pas ?

- Parce que le capitaliste ne s'intéresse qu'à la valeur d'échange des truites, pas à leur goût. Il cherche à réaliser une plus-value, non pas un bon repas, tu comprends ?

- C'est un peu idiot...

- Héhé. Un peu... Allez, viens, on va manger chez les fouines. Elles sont siphonnées, mais elles font d'excellentes grillades. »

 

 « Regarde-les travailler, petit ours, et imagine qu'un capitaliste les emploie. Celui-ci nous aurait acheté notre poisson, il aurait payé un four, et il paierait de plus le travail que les fouines incorporent à ses grillades. Tu suis bien ?

- Oui.

- Quelle est la valeur des grillades ?

- He bien... C'est celle du poisson, plus... heu... le travail des fouines ?

- Et une partie de la valeur du four, mais j'y revendrai. Mais si notre capitaliste a payé tous ces éléments à leur juste valeur, ses grillades ont donc strictement la valeur qu'il a avancé, et sa plus-value n'est toujours pas là. Comme je te l'ai dit avant la sieste, jouer sur les prix ne le mènera pas loin, puisque s'il les vend trop cher, lorsqu'à son tour il sera acheteur, il finira par payer trop cher sa marchandise.

- Alors comment il peut faire ?

- Voilà l'astuce : au moment où il achète la force de travail, il la loue, mettons, à la journée. Nous avons seulement besoin de quelques heures pour pêcher notre poisson, y compris la part qui correspond au travail des fouines. Mais puisqu'il a payé pour la journée entière, il nous aurait fait travailler plus longtemps. Et voilà sa mystérieuse plus-value : du surplus de travail est issu un surplus de grillades qui permettront au capital de se reproduire, et de s'étendre.

 Hé ! Mange proprement, tu veux ? »

 

Le club (6)

 Le vieux concierge, qui peinait de plus en plus à traverser la cour, a annoncé les invités de Korif et les a introduit à au salon, où les filles ont commencé à les servir avant que celui-ci ne descende, tout sourire. Il a posé quelques lettres sur le buffet, prêtes à être portées à leurs destinataires, et s'est joint à ses hôtes.

 Les bouteilles de la veuve Mérimel aidant, ils se sont rapidement détendus, et après quelques échanges sur des affaires moins graves, ont entamé le cœur de leur discussion : les canons d'Alteïn et les réquisitions patriotiques. Entre deux allers-retours en cuisine où elle aidait Nemÿd pour le repas du soir, Syl tentait de mettre en ordre les bribes qu'elle collectait. Elle s'attardait pour servir le vin, couper le fromage, proposer du pain, un peu d'eau. Tant et si bien que l'un d'eux a coupé un argument à propos du pouvoir exorbitant domité de sureté générale :

« Vous avez là une domestique des plus agréable. Et séduisante pour ne rien gâcher ! Il a ajouté en tendant la main vers son jupon. Ah ! si j'avais du personnel aussi avenant, bien formé... Et une telle jeunesse ! »

 Il a penché sa chaise pour toucher la cuisse de Syl qui reculait légèrement en implorant Korif du regard pour qu'il intervienne.

« Vraiment, vous avez bien de la chance, il l'a caressée. Mais enfin ! Nous ne sommes par là pour la gaudriole, il l'a lâchée. Voyez-vous, tant que nous sommes en guerre, les patriotes pourront maintenir leurs lois excessivement tyranniques, avec l'appui du peuple abusé par les victoires militaires.

- Oui, il faut retirer l'appui populaire aux patriotes. Nous autres, modérés, pensons qu'il est temps de signer une paix raisonnable avec l'Empire, et ainsi retirer l'excuse de la guerre des mains des patriotes.

- C'est une idée intéressante. Mais cela ne résoud en rien le problème urgent des réquisitions Korif a recentré le débat alors que Syl s'éloignait, les larmes aux yeux. »

 

 « Hé ! T'as pas l'air bien... Ziquette s'est immédiatement inquiétée.

- Ça va, c'est rien. Ça ira... Je vais... Je vais aller chercher l'pain. Ça m'fera du bien d'prendre l'air. Vous f'rez sans moi ? »

Nemÿd a sorti quelques pièces pour le pain du soir, et l'a encouragée à revenir avec un meilleure mine.

« Attends ! Ziquette est allé chercher leurs économies. Passe voir ma mère, ça fait longtemps. »

 

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Bilan d'étape (11/11) : Coup de mou

 C'est pas les idées qui manquent pourtant. Entre le procès de Breivik qui vire à la psychiatrie, la présidentielle qui s'annonce saignante, et l'Union Européenne qui, sans complexe et à visage découvert, passe complètement à la gouvernance « technique » et « transpartisane », il y a pourtant largement de quoi faire. Je n'ai finalement guère parlé que de l'incendie de Charlie Hebdo, cette tragédie universelle qui m'arrache des larmes de douleur.

 Même ma théorie du récit - si obscure soit-elle parfois - trouve ses marques, et j'espérais développer à la fois des aspects importants sur la disparition, donc notamment la signification du deuil, et de l'autre côté sur la collision et le conflit. C'est un peu délicat, mais rien de complètement insurmontable.

 J'ai aussi perdu du temps sur mes bouquins, sur les deux chapitres en cours (Le club et Jusqu'au dernier), que j'espère les avoir finis pour la fin de l'année, malgré des vacances à la mi-décembre et quelques jours à noël (plus la gueule de bois éventuellement...). Au pire ça sera pour la mi-janvier, où je ferai le prochain bilan, pour les six mois du site.

 Au rayon des trucs qui se lancent, mais pas tout à fait assez vite, il y a cette nouvelle série sur Le Capital, raconté par grand-papa Ours. Vu la longueur de l'œuvre, c'est plutôt appelé à durer, et ça risque d'empiéter sur le reste. Je verrai à l'usage.

 

 Pourquoi ce coup de mou, me direz-vous ? J'ai tout simplement lu Les nouveaux intellos précaires d'Anne et Marine Rambach, et là, j'ai pris une assez bonne claque dans la gueule. Lisez-le, d'ailleurs. Et j'ai également passé quelques heures à écouter la série d'émissions de Là-bas si j'y suis sur La décennie - la grand cauchemar des années 80 de François Cusset. Jetez-vous dessus, ça remet les idées en place sur la grande contre-révolution qui nous écrase encore.

 Bref, de tout ça ressort la nécessité urgente et vitale d'organiser la riposte, qui est encore tristement éparpillée par des pseudo-autonomies et des des pseudo-libertés. Ce qui a le don à la fois de m'enthousiasmer, vu que tout est à faire, et de me déprimer, vu que rien n'est fait. D'où passage à vide contradictoire.

 

 Je profite de ce bilan pour signaler que je vais transformer l'appel à texte (je modifierai le texte demain) sur un mode plus accessible (surtout vu la quantité de rôliste qui me lit...).

 Toujours chez nos amis les zombies, des gens ont survécu, des tous petits groupes (10 grand grand maximum) qui en sont encore à errer pour trouver un vrai refuge, et finissent par trouver des marques au sol qui en indiquent la route sur plusieurs kilomètres, jusqu'à une palissade de fortune encore debout.

 Donc juste une présentation rapide d'un ou plusieurs personnages, y compris leurs réactions face à un possible espoir. Même topo, la forme que vous voulez, le ton que vous voulez, les personnages que vous voulez, tout... Amusez-vous.

 Voilà, après, le seul truc que je pourrai faire, ça sera écrire à votre place...

 

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